Le Maroc s'engage timidement dans la cour des grands du commerce sud-américain. Un rapport officiel le place dans la catégorie "dialogue préalable aux négociations" avec le Mercosur, un bloc économique qui vient de nouer un accord historique avec l'UE.
Ce que cela signifie : le Maroc n'est pas encore en négociations formelles avec le Mercosur, mais il est officiellement recensé comme un partenaire potentiel pour de futures discussions commerciales. C'est une étape préliminaire, mais significative, car elle officialise l'intérêt mutuel.
Le Mercosur, c'est quoi ? C'est un bloc d'intégration économique créé en 1991 par l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. L'idée : faciliter le commerce entre ces pays et adopter des règles communes. Aujourd'hui, ce bloc pèse lourd, surtout avec le Brésil, sa première économie.
Selon Barlamane, qui a consulté un document du conseiller économique de l'ambassade de Taïwan au Paraguay, les échanges entre le Maroc et le Brésil ont atteint près de 2,8 milliards de dollars en 2025. Le Maroc est même le premier fournisseur africain du Brésil, devant l'Égypte, le Nigeria et l'Algérie. Mais attention : ce chiffre ne concerne que le Brésil, et aucun bilan pour l'ensemble du Mercosur n'est disponible.
Le vrai basculement : le Mercosur a signé en janvier un accord commercial avec l'Union européenne, appliqué provisoirement depuis mai. Résultat : une zone de libre-échange de plus de 750 millions de personnes, représentant près de 20 % du PIB mondial. L'UE va supprimer les droits de douane sur 92 % des exportations du Mercosur, soit environ 61 milliards de dollars. Pour le Maroc, ce rapprochement est une opportunité : il pourrait renforcer ses liens avec ce bloc, tout en surveillant les nouvelles règles du jeu avec l'UE.
En clair : cette mention officielle ouvre la porte à des discussions futures qui pourraient diversifier les partenaires commerciaux du Maroc. Mais tout reste à construire.




