Le Maroc veut soigner sa communication à Washington, et il est prêt à y mettre le prix. Un cabinet américain de relations publiques a été engagé pour un montant mensuel conséquent, afin de promouvoir les intérêts du Royaume auprès des décideurs et de l'opinion publique américaine.

D'après Barlamane, qui cite le cabinet d'études O’Dwyer’s, un contrat de 35 000 dollars par mois est entré en vigueur en août. Ce montant peut sembler abstrait, mais sur six mois, il représente 210 000 dollars, et 420 000 dollars si la mission est prolongée à un an.

Ce contrat est soumis à une législation américaine particulière : le Foreign Agents Registration Act (FARA). Ce dispositif, géré par le ministère américain de la Justice, oblige toute personne ou entreprise qui travaille pour un gouvernement étranger à se déclarer officiellement. C'est une transparence obligatoire, pour éviter toute influence cachée.

Concrètement, que doit faire Qorvis pour le Maroc ? Selon le document cité par O’Dwyer’s, le cabinet doit fournir des conseils stratégiques, élaborer des messages et les diffuser sur les réseaux, entretenir des relations avec des relais extérieurs, préparer des événements et gérer les sujets sensibles. Cinq personnes sont dédiées au dossier marocain, dont deux cadres nommés : Rich Masters, associé, et Samantha Sault, directrice éditoriale.

Ce n'est pas une première entre Qorvis et le Maroc. Quelques jours avant l'entrée en vigueur du contrat, la société avait déjà travaillé pour l'ambassade du Maroc à Washington. Un communiqué de l'ambassade, daté du 1ᵉʳ août, mentionnait d'ailleurs que le document avait été distribué «par Qorvis Holding Inc. pour le compte de l'ambassade du Royaume du Maroc aux États-Unis». Ce communiqué reprenait notamment la réaffirmation par Donald Trump de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Le texte de l'accord renvoie d'ailleurs au département américain de la Justice pour tout renseignement sur cette relation.

En engageant ce cabinet, le Maroc montre qu'il veut renforcer sa présence médiatique et politique aux États-Unis, en misant sur une communication professionnelle et encadrée par la loi américaine.