Un nouveau pays sud-américain tourne le dos au Polisario. La Colombie reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara, une annonce qui renforce la position de Rabat dans ce dossier.

Le 7 août, à Cali, en marge de la cérémonie d'investiture du nouveau président colombien, le chef de la diplomatie marocaine et le vice-président colombien se sont rencontrés. Au terme de cet entretien, le ministre colombien des relations extérieures a annoncé que Bogota « reconnaît la souveraineté du Maroc sur son Sahara ». C'est ce que rapporte l'agence de presse marocaine MAP, citée par Barlamane.

Cette décision rompt avec la ligne suivie depuis des décennies par les autorités colombiennes. Jusqu'ici, la Colombie figurait parmi les pays d'Amérique latine qui maintenaient des liens avec l'entité proclamée par le Front Polisario. En retirant cette reconnaissance, la Colombie rejoint plusieurs autres pays de la région qui avaient déjà franchi ce pas ces dernières années.

C'est aussi un symbole fort pour le Maroc, qui met en avant ces revirements diplomatiques pour appuyer son plan d'autonomie, présenté en 2007 aux Nations unies. Le ministre marocain des affaires étrangères, présent à Cali pour représenter le roi Mohammed VI, a qualifié ce double geste d'« historique ».

Au-delà du symbole, ce rapprochement ouvre des perspectives économiques. Le vice-président colombien a vu dans cette décision un « nouveau départ » et a présenté le Maroc comme le premier allié de la Colombie en Afrique. Selon la partie colombienne, les deux pays pourraient établir un partenariat stratégique, sans que des détails précis sur le calendrier ou les secteurs concernés aient été communiqués pour l'instant. Le ministre marocain a évoqué l'idée que les deux États puissent servir mutuellement de plateformes économiques, en s'appuyant sur leurs positions respectives en Afrique et en Amérique latine.

Cette annonce s'est faite à Cali, où le Maroc a tenu à être présent à l'investiture du nouveau président colombien, un geste qui montre la volonté de Rabat d'accompagner cette nouvelle orientation diplomatique.