Après des semaines de tensions autour de l'enclave de Ceuta, l'Union européenne semble vouloir resserrer les rangs : Bruxelles propose d'étendre son aide au Maroc. Objectif : éviter qu'une nouvelle vague migratoire ne submerge ce territoire espagnol situé sur la côte nord-africaine.

Ce que l'on sait, c'est que la Commission européenne (le bras exécutif de l'UE) a envoyé lundi 3 août une lettre à l'Espagne pour proposer un renforcement de son assistance technique et financière au Maroc. Cette initiative fait suite à la traversée de plus de 50 000 personnes vers Ceuta la semaine précédente, un événement qui a provoqué une crise politique entre pays membres.

Selon Barlamane, qui rapporte cette information, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qualifie le Maroc de « partenaire stratégique important » dans la lutte contre « le trafic de migrants et l'immigration illégale ». Elle propose notamment d'améliorer les systèmes d'alerte précoce aux frontières et d'accroître les financements.

Concrètement, cela signifie que l'UE veut être mieux préparée à détecter et à réagir rapidement en cas de nouvelle tentative de franchissement massif des frontières à Ceuta ou à Melilla, l'autre enclave espagnole au Maroc. Ces territoires sont des points de passage sensibles, car ils constituent les seules frontières terrestres entre l'UE et l'Afrique.

Mais ce n'est pas qu'une histoire de technologie ou d'argent. Cette proposition intervient après que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a critiqué samedi le manque de solidarité de certains partenaires européens. L'Italie, par exemple, a décidé de rétablir pour un mois des contrôles ciblés sur certains voyageurs arrivant d'Espagne, une mesure qu'elle justifie par la protection de sa sécurité nationale. Cela montre que la question de l'immigration divise les pays de l'UE, certains réclamant une réponse commune, d'autres agissant seuls.

En résumé : l'UE semble vouloir jouer la carte de la coopération avec le Maroc pour renforcer ses frontières, mais les tensions internes restent vives. Reste à voir si cette aide supplémentaire sera acceptée et si elle suffira à apaiser les esprits.