Les escales à Casablanca ne sont plus ce qu'elles étaient pour les voyageurs nigérians. Le Maroc a resserré ses règles de transit après la détection de nombreuses fraudes aux visas Schengen, et cela crée des tensions avec le Nigeria.

Concrètement, les ressortissants nigérians qui n'ont pas de visa marocain ne sont désormais plus autorisés à entrer sur le territoire marocain pendant leur correspondance — même lorsque la durée de l'escale leur donnerait normalement droit à une nuit d'hôtel offerte par la compagnie aérienne.

Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, c'est l'Autorité nigériane de l'aviation civile (NCAA) qui a révélé cette situation samedi 15 août. Son directeur des affaires publiques, Michael Achimugu, a expliqué qu'il y avait eu une « forte hausse du volume de faux tampons de visas Schengen », certains étant découverts dans les aéroports de transit, d'autres seulement à l'arrivée en Europe.

Le problème est simple à comprendre : des voyageurs en correspondance à Casablanca choisissaient volontairement des escales longues pour obtenir un hébergement hôtelier, puis quittaient l'aéroport et « disparaissaient » avant de tenter de gagner clandestinement l'Europe. Le Maroc, de par sa proximité géographique avec l'Europe, se dit plus exposé que d'autres pays africains à ce type de passage illégal.

Le Nigeria ne conteste pas le problème des faux visas. Mais ses autorités et les acteurs du transport aérien demandent au Maroc de fournir des données précises sur le nombre de passagers ayant réellement abandonné leur transit. L'objectif : vérifier que les restrictions sont proportionnées et que les voyageurs réguliers ne paient pas pour les fraudes d'une minorité.

Royal Air Maroc, dont les fréquences vers le Nigeria passent de 5 à 21 vols par semaine, a déjà saisi les autorités marocaines au sujet des difficultés rencontrées par les passagers lors de ces correspondances. La compagnie joue les intermédiaires entre les deux pays, mais pour l'instant, les règles restent strictes.

En clair : côté marocain, on veut empêcher les abus. Côté nigérian, on veut des preuves que ces restrictions sont justifiées. Et entre les deux, des milliers de voyageurs qui utilisent Casablanca comme porte d'entrée vers l'Europe se retrouvent coincés dans un aéroport, sans possibilité d'en sortir.