Pour obtenir un visa d'études en France, il faudra désormais justifier de presque 900 euros de ressources chaque mois, contre un peu plus de 600 auparavant. Une hausse de 42,7 % qui touche en premier lieu les étudiants marocains, les plus nombreux sur place.

Depuis le 1er août 2026, la France exige des étudiants étrangers qu'ils prouvent avoir au moins 877,50 euros par mois pour subvenir à leurs besoins, au lieu de 615 euros auparavant, un montant qui n'avait pas bougé depuis 2002. C'est ce que rapporte Challenge, qui a relayé l'information.

Pourquoi une telle hausse ? La France ne fixe plus un montant figé, mais se base désormais sur le SMIC, le salaire minimum français. Le seuil correspond à 47 % de ce salaire brut mensuel. Ainsi, à chaque fois que le SMIC augmente, le montant exigé pour le visa grimpe automatiquement, pour suivre le coût de la vie. Cette réforme vient d'un décret daté du 22 juin 2026.

Concrètement, pour une année, l'étudiant devra justifier de 10 530 euros de ressources, soit 3 150 euros de plus qu'avant. Pour une famille marocaine à revenus modestes, ou pour un étudiant sans bourse suffisante, cet écart peut représenter un vrai obstacle. La manière de prouver ces ressources compte aussi : l'épargne personnelle, une bourse ou une prise en charge par un garant sont acceptées, mais il faut démontrer que l'argent sera réellement disponible pendant toute la durée du séjour. Un simple virement ponctuel d'une grosse somme sur un compte bancaire pourrait ne pas suffire.

Cette réforme arrive alors que la France cherche à attirer plus d'étudiants internationaux. Mais elle pourrait produire l'effet inverse, notamment pour les classes moyennes marocaines et africaines, selon l'article de Challenge qui cite LesEco.ma. Le Maroc reste le premier pays d'origine des étudiants étrangers en France, mais les effectifs marocains ont déjà baissé de 4 % en 2023-2024. Cette nouvelle condition financière pourrait accentuer cette tendance.