Fini le temps où le cancer de la peau n'avait qu'un nombre limité d'options. Deux grands laboratoires américains viennent de franchir une étape clé avec un vaccin expérimental conçu spécialement pour chaque patient.
Merck et Moderna ont annoncé, mercredi 19 août, des résultats encourageants lors de la dernière phase d'essais cliniques de leur vaccin contre le mélanome, un cancer de la peau particulièrement dangereux. C'est la première fois qu'une thérapie anticancéreuse basée sur la technologie de l'ARN messager obtient des résultats positifs à ce stade de test, d'après un communiqué conjoint des deux laboratoires, relayé par Challenge.
Ce vaccin, nommé « intismeran autogene », s'adresse à des patients atteints d'un mélanome à un stade avancé, qui ont déjà été opérés. L'essai, mené sur plus de 1.100 personnes, a montré que ce traitement, combiné à l'immunothérapie Keytruda de Merck, améliore de manière « statistiquement significative » la survie sans récidive, par rapport à un traitement par Keytruda seul.
Comment ça marche ? Contrairement aux vaccins classiques, ce traitement est « sur mesure » : il est fabriqué à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient. L'ARN messager, cette technologie rendue célèbre par les vaccins contre la Covid-19, dicte aux cellules du corps comment fabriquer des protéines capables de déclencher une réponse immunitaire. L'objectif : entraîner le système immunitaire du patient à reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses.
Les deux laboratoires n'ont pas publié de données chiffrées, mais ils prévoient de présenter ces résultats lors d'un prochain congrès médical et d'entamer des démarches auprès des autorités pour demander l'approbation de ce traitement. Selon les laboratoires, le mélanome est l'une des formes les plus mortelles de cancer de la peau, avec plus de 330.000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022, un chiffre en croissance.




