Une fuite de données concernant des policiers et agents de renseignement marocains agite la toile, mais les premières analyses tempèrent la menace.

Début de semaine, un groupe se faisant appeler Jabaroot a revendiqué la diffusion de quelque 70 000 noms, présentés comme des agents de sécurité marocains. L'information, rapportée par Barlamane, a de quoi inquiéter, mais l'enquête menée par le journal Jeune Afrique apporte un éclairage important : aucune trace d'intrusion dans les systèmes informatiques de la DGSN (police nationale) ni de la DGST (renseignement intérieur) n'a été trouvée pour l'instant.

Les fichiers diffusés contiennent des informations personnelles classiques : des matricules (numéros d'identification professionnelle), des références de pièces d'identité, des coordonnées bancaires, des dates de naissance et d'embauche. Mais selon les éléments recueillis par Jeune Afrique, ces données ne proviendraient pas des bases informatiques des services de sécurité eux-mêmes.

L'origine serait ailleurs : dans des fichiers administratifs détenus par des organismes comme Saham Assurance et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS), qui gèrent des données sur les fonctionnaires de l'État, y compris les agents de sécurité. Autrement dit, la présence de policiers dans ces fichiers ne signifie pas que les serveurs de la DGSN ou de la DGST ont été piratés : ces personnes apparaissent simplement parce qu'elles sont des fonctionnaires, et leurs données administratives sont connues de ces organismes.

Les données compromises pourraient d'ailleurs concerner l'ensemble de la fonction publique, et pas uniquement les forces de sécurité. Le choix de mettre en avant les noms de policiers ou de responsables du renseignement aurait, selon le journal, un objectif médiatique : donner une portée plus sensible à cette fuite.