Les demandes d'asile déposées par des Marocains dans l'Union européenne et en Norvège placent le Maroc au deuxième rang africain. Ce classement intervient alors que Bruxelles envisage de faciliter le rejet accéléré des dossiers venant de pays jugés « sûrs », dont le Maroc pourrait faire partie.
Selon un rapport du Réseau européen des migrations (REM) publié en juillet et relayé par Barlamane, les Marocains ont déposé 18 685 premières demandes d'asile dans l'UE et en Norvège en 2025. Ce total place le Maroc derrière l'Égypte (22 550 demandes) et devant le Mali (18 565), soit le deuxième contingent africain.
Ces chiffres ne sont pas anodins pour les procédures à venir. La Commission européenne a proposé en avril 2025 d'inscrire le Maroc sur une première liste commune de « pays d'origine sûrs », avec six autres États. Ce statut permettrait aux États membres d'appliquer des procédures accélérées et de traiter ces demandes directement aux frontières, lorsque le taux de reconnaissance de l'asile ne dépasse pas 20 %.
De son côté, l'Italie a déjà sa propre liste nationale de 19 pays sûrs, dont le Maroc fait partie. Les demandeurs issus de ces pays peuvent faire l'objet d'un examen rapide. La France a aussi révisé en 2025 son accord de réadmission avec le Maroc, dans le cadre d'un ensemble de mesures visant à prévenir les voyages dangereux.
En pratique, si le Maroc est officiellement reconnu comme pays sûr au niveau européen, les Marocains qui déposent une demande d'asile risquent de voir leur dossier traité plus vite, avec moins de chances d'obtenir une protection. Le rapport ne précise pas encore la date d'entrée en vigueur de cette liste commune.




