Un projet gigantesque, mais qui n'avance pas comme prévu. Le Maroc exige que l'Allemagne signe un accord d'État et que les câbles puissent transporter de l'électricité dans les deux sens.

Selon Barlamane, qui cite des sources proches des négociations, le projet Sila Atlantik – évalué à 30 milliards de dollars (environ 300 milliards de dirhams) – comprend deux câbles sous-marins de 4 800 kilomètres chacun. Chaque câble pourra transporter 1,8 gigawatt d'électricité, soit assez pour alimenter des millions de foyers.

Mais le problème, c'est que Rabat ne veut pas que ces câbles servent seulement à envoyer de l'électricité solaire et éolienne marocaine vers l'Allemagne. Les autorités marocaines veulent que l'électricité puisse aussi circuler dans l'autre sens : si le Maroc a besoin d'énergie (par exemple la nuit ou quand le vent ne souffle pas), il doit pouvoir en importer d'Allemagne. Selon une source allemande citée par Reuters, c'est techniquement possible mais cela coûterait plus cher à cause des équipements supplémentaires nécessaires des deux côtés.

Autre point de blocage : le Maroc demande un accord intergouvernemental. En clair, Rabat veut que Berlin s'engage officiellement, par un traité, à soutenir le projet sur le long terme. Sans cela, le risque est trop grand pour un chantier aussi colossal.

Un autre problème non résolu concerne le terrain. Les autorités marocaines avaient promis environ 150 000 hectares dans la région de Guelmim-Oued Noun pour les installations solaires et éoliennes, mais cet aspect n'est pas encore finalisé.

Le projet, porté par la société allemande Sila Atlantik, prévoit aussi une capacité de stockage par batteries de 9,6 gigawattheures et pourrait produire chaque année l'équivalent de 5 % de la consommation électrique allemande. Mais tant que les conditions marocaines ne sont pas remplies – un accord d'État et des flux bidirectionnels – le projet reste suspendu.