Derrière les remerciements publics du ministre français de la Justice, une distinction discrète mais importante agite les relations judiciaires entre Paris et Rabat.

Selon Barlamane, mardi 21 juillet, Gérald Darmanin a publié sur X (ex-Twitter) un message de remerciement aux autorités marocaines. Il y qualifie l'interpellation de seize individus de « grande opération » et y associe ces arrestations à des crimes comme « des trafics de stupéfiants en bande organisée, des meurtres, des escroqueries et des blanchiments d’argent ».

Ce qui ressort de ce message, rapporté par Barlamane, ce ne sont pas seulement les remerciements, mais surtout la façon dont Paris envisage la suite : elle diffère selon la nationalité des suspects. Pour les ressortissants français, la France demande leur extradition vers son territoire. Pour les personnes ayant les deux nationalités (française et marocaine), le ministre précise qu'elles ne peuvent pas être extradées vers la France. Paris a donc transmis au Maroc des « dénonciations officielles » afin qu'elles soient « poursuivies et jugées par les autorités marocaines ».

En résumé : seize personnes interpellées, un même remerciement, mais deux voies judiciaires — extradition pour les uns, procès au Maroc pour les binationaux. Derrière la courtoisie diplomatique, se dessine une collaboration technique précise entre deux systèmes judiciaires.