Une vague de passages à la frontière de Ceuta a provoqué une crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne, mais selon l'Union européenne, aucun de ces migrants n'a réussi à atteindre le continent européen.

Que se passe-t-il ? Depuis deux jours, des personnes ont franchi la frontière séparant le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta. Cette ville, située sur la côte nord du Maroc, est un territoire espagnol, tout comme Melilla, plus à l'est. Ces passages massifs ont inquiété les autorités espagnoles et européennes.

Selon Barlamane, qui rapporte les déclarations du commissaire européen chargé des migrations, Magnus Brunner, aucune des personnes entrées à Ceuta n'a gagné le territoire continental de l'UE. Autrement dit, personne n'a réussi à quitter Ceuta pour rejoindre l'Espagne métropolitaine (la partie de l'Espagne située sur le continent européen, par opposition aux enclaves africaines).

Brunner a précisé, après un appel avec le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, que « pas une seule personne n'a franchi la frontière vers l'UE continentale ». Albares a également démenti toute circulation libre vers l'Espagne péninsulaire, rappelant qu'il est impossible de voyager de Ceuta ou Melilla vers la Péninsule sans passer par un contrôle de police.

Le gouvernement espagnol a dénombré 48 300 migrants revenus au Maroc depuis Ceuta, à 18 heures vendredi. Plus d'une cinquantaine de personnes ont perdu la vie en vingt-quatre heures, selon l'agence Europa Press, sans plus de détails sur les circonstances.

Pourquoi cette crise ? L'enjeu est aussi politique. L'Italie a suspendu l'accord de libre transit qui la lie à l'Espagne au sein de l'espace Schengen, et a proposé d'en écarter Madrid. Le Danemark a demandé à l'UE d'évaluer toutes les options, y compris une suspension de Schengen pour l'Espagne. Le premier ministre finlandais, lui, a assuré que l'Espagne n'est pas seule et a appelé à un contrôle de la crise à Ceuta.

Explication simple : l'espace Schengen abolit les contrôles aux frontières intérieures entre les pays membres. Normalement, une fois en Espagne, on peut circuler librement en Europe. Mais Ceuta et Melilla sont des exceptions : l'Espagne y maintient des vérifications d'identité pour les liaisons vers la Péninsule. C'est ce qui a empêché les migrants d'aller plus loin.

Côté marocain, le roi Mohammed VI a défendu la sécurité et la stabilité du royaume dans son discours de la fête du Trône, selon la même source.