Une nouvelle taxe européenne sur les produits importés pourrait coûter cher à certains pays en développement. Le Maroc en fait partie, selon une étude universitaire récente.

L'Union européenne a mis en place un mécanisme pour lutter contre le changement climatique : le MACF (mécanisme d'ajustement carbone aux frontières). Concrètement, quand un pays importe des marchandises dans l'UE, il doit désormais payer une taxe liée aux émissions de CO2 générées pendant leur fabrication. L'idée est d'éviter que les entreprises délocalisent leur production vers des pays où les règles environnementales sont moins strictes.

Mais cette taxe n'est pas sans conséquence. D'après un travail de recherche publié en 2026 par le Forum transatlantique Stanford-Vienne sur le droit des technologies, et rapporté par Barlamane, le Maroc figure parmi les économies en développement les plus exposées à ce dispositif. Le royaume y apparaît aux côtés du Mozambique, du Zimbabwe, du Cameroun et du Tadjikistan.

Ce que dit l'étude, c'est que pour ces pays, le risque macroéconomique est "le plus sérieux" en termes de recettes d'exportation et d'emploi. Autrement dit, la taxe pourrait représenter une part importante de ce qu'ils gagnent en vendant à l'étranger, et menacer des emplois liés à ces exportations. Attention, cela ne signifie pas que le Maroc paiera la plus grosse facture en chiffres absolus. La Russie, la Chine et la Turquie, par exemple, concentrent les risques absolus les plus élevés. Mais pour des économies comme celle du Maroc, la charge est proportionnellement plus lourde, car elles sont moins armées pour l'absorber.

Pourquoi ? Parce que ces pays n'ont souvent ni tarification intérieure du carbone (c'est-à-dire pas de taxe locale sur les émissions), ni technologies bas-carbone suffisantes pour réduire les émissions de leurs produits. Le mécanisme européen applique en effet un prix uniforme à toutes les importations, quel que soit le niveau de développement du pays exportateur. Ce qui pose question : mettre sur le même plan des économies aux moyens très différents peut créer des inégalités, un point que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques reconnaît d'ailleurs — les pays ont des obligations différentes selon leurs contributions au problème.