Des milliers de personnes ont tenté de rejoindre l'Europe via Ceuta, poussées par de fausses promesses diffusées sur les réseaux sociaux. Pour endiguer ce phénomène, les grandes plateformes et l'Union européenne unissent leurs forces.
Fin juillet, plusieurs milliers de migrants sont arrivés à Ceuta, une enclave espagnole située sur la côte marocaine, seule frontière terrestre entre l'Afrique et l'Union européenne. Selon le site de vérification Maldita.es, cet afflux s'explique en grande partie par de faux récits en ligne qui promettaient aux candidats au départ un accueil favorable à leur arrivée.
Pour contrer ces mensonges, la Commission européenne, Meta (maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp) et TikTok ont annoncé, lundi 10 août, la création d'un canal dédié aux vérificateurs de faits, comme l'a rapporté Politico, citant trois sources anonymes ayant participé aux discussions. Ce dispositif vise à « réduire l'effet de la désinformation », ont indiqué ces sources à Politico.
Concrètement, ce canal servira de point de contact unique entre les plateformes, les vérificateurs indépendants et les services de Bruxelles. Lorsqu'un contenu suspect sera signalé, il sera examiné puis retiré si nécessaire. Ce mécanisme s'ajoute au système de réaction rapide déjà prévu par le code de conduite européen sur la désinformation, mais il réunit un cercle plus restreint d'acteurs, précisent les sources.
Maldita.es et le Réseau européen des normes de vérification des faits (EFCSN) ont participé à la réunion de lundi. Une nouvelle rencontre est prévue en fin de semaine, alors que le 15 août est une date redoutée : des messages circulent pour encourager de nouvelles traversées vers l'enclave à cette date.
Meta et TikTok affirment surveiller la situation en temps réel, avec des équipes dédiées, conformément à leurs règles internes. La crise a ravivé les tensions entre les Vingt-Sept : l'Italie a notamment critiqué le gouvernement espagnol et rétabli des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d'Espagne. L'ancien commissaire européen Thierry Breton a même suggéré, dans un entretien au quotidien italien La Stampa, que l'Union ouvre une enquête sur la désinformation liée aux événements de Ceuta.




