Bruxelles envisage de verser une nouvelle aide importante au Maroc, mais l'argent n'est pas encore garanti. Voici ce qu'il faut comprendre de cette annonce.

L'Union européenne a publié un document de travail dans lequel elle prévoit d'octroyer 160 millions d'euros d'aide budgétaire au Maroc pour la période 2025-2027. Cette somme n'est toutefois pas définitive : selon la source, elle est encore en négociation avec les autorités marocaines.

Concrètement, de quoi s'agit-il ? Une partie de l'argent européen versé au Maroc est une « aide budgétaire » : cela signifie que l'argent ne finance pas un projet précis, mais qu'il est directement versé dans le budget de l'État marocain, avec des objectifs convenus entre les deux parties. D'après Barlamane, cette nouvelle enveloppe s'inscrit dans le prolongement d'une coopération déjà importante entre le Maroc et l'UE dans deux domaines : la migration et le contrôle des frontières.

Pour comprendre l'ampleur de cette annonce, il faut regarder les chiffres déjà versés. Entre 2021 et 2024, le Maroc a reçu 193 millions d'euros de l'UE dans le cadre d'un instrument de financement européen appelé IVCDCI (pour « voisinage, coopération au développement et coopération internationale »). Sur cette somme, 152 millions étaient spécifiquement destinés à la coopération migratoire et à la gestion des frontières. Quinze millions ont également été alloués à un programme de lutte contre « le trafic de migrants et la traite des êtres humains ».

Si les 160 millions actuellement négociés étaient accordés, le total des aides citées par la Commission européenne pour ces deux périodes (2021-2024 et 2025-2027) atteindrait 353 millions d'euros. Mais il est important de souligner que ce chiffre reste une prévision, pas une certitude.

Ce financement s'inscrit dans un cadre plus large : l'UE soutient plusieurs pays riverains de la Méditerranée, notamment la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Liban et la Turquie, en fournissant des bateaux, des équipements techniques, des formations ou des aides financières aux autorités chargées de la surveillance maritime et des frontières. La Turquie, par exemple, a reçu 56 bateaux jusqu'en mai 2024, et un contrat de 58 millions d'euros pour 13 navires supplémentaires a été signé en décembre 2025.

En résumé : une somme conséquente est sur la table, mais elle n'est pas encore acquise. Les négociations entre Rabat et Bruxelles détermineront si ce financement se concrétise et à quelles conditions.