Une simple demande d'évaluation a été transformée en annonce officielle. Voici pourquoi cette information est fausse.

Plusieurs médias ont récemment relayé une nouvelle fracassante : les États-Unis auraient décidé de «réactiver leurs bases militaires» au Maroc. Mais cette affirmation ne repose sur rien de concret. Elle provient d'une confusion entre une demande d'étude du Sénat américain et une véritable décision de Washington.

En réalité, le projet de loi américain sur la défense nationale pour 2027 (NDAA 2027) contient une section qui demande simplement au secrétaire à la Défense d'examiner «des options pour établir des implantations de sécurité coopérative au Maroc». Autrement dit, il s'agit d'une étude de faisabilité, pas d'un plan d'action. Le texte ne précise ni les emplacements, ni un calendrier, ni même l'accord du Maroc, qui serait pourtant indispensable.

Une source américaine a d'ailleurs été très claire avec Barlamane : «Aucune option dans ce sens n'est envisagée actuellement.»

Pourquoi une telle confusion ? Parce que le texte américain évoque plusieurs projets possibles, comme la lutte antiterroriste, l'équipement des forces armées royales, un centre pour drones ou encore des exercices militaires élargis. Mais tout cela reste à l'état de proposition, et surtout, rien ne peut se faire sans l'accord souverain du Maroc. Même si Washington le souhaitait, il faudrait un accord bilatéral fixant les conditions précises de toute présence militaire américaine.

En clair, la coopération militaire entre les deux pays existe déjà, mais elle ne signifie pas que des bases vont rouvrir. L'article qui a lancé cette rumeur a fait un raccourci trompeur entre une hypothèse de travail et un fait accompli. Une erreur qui peut avoir des conséquences, car elle nourrit des spéculations inutiles sur la présence américaine dans la région.