Derrière les crèmes antirides et les compléments alimentaires haut de gamme se cache une réalité bien moins glamour : celle de femmes qui plongent sans équipement pour arracher des algues au fond de la mer, à El Jadida.
Ce que vous mettez sur votre visage ou dans votre assiette a peut-être une histoire douloureuse. Les algues rouges, aussi appelées « rbiâa » au Maroc, sont une plante marine très demandée par l'industrie cosmétique pour ses propriétés hydratantes, antirides et anti-inflammatoires. Elles servent aussi de colorant ou d'ingrédient pour la digestion. Un marché qui ne cesse de croître, selon les informations rapportées par Challenge.
Mais avant d'arriver dans ces produits chers, ces algues sont récoltées dans des conditions difficiles. Le plus souvent, ce sont des femmes qui plongent en apnée, c'est-à-dire sans bouteille d'oxygène, pour les arracher des rochers sous-marins. Elles remontent, respirent, replongent. Sans aucun équipement de protection. Elles transportent ensuite des sacs qui peuvent peser jusqu'à un quintal sur de longues distances.
Cette activité, bien que saisonnière, fait vivre de nombreuses familles du littoral d'El Jadida. Cette année, environ 850 embarcations sont autorisées pour cette récolte, avec un quota global fixé à 16 333 tonnes. Les algues sont débarquées principalement au port d'El Jadida et à Jorf Lasfar.
Pour le média Challenge, cette situation illustre un problème plus large : la prédation économique, devenue monnaie courante au Maroc, et qui engendre un sentiment d'impuissance. La récolte des algues rouges n'est qu'un exemple parmi d'autres, mais il montre comment une activité de survie peut être exploitée sans que les travailleurs n'en tirent un vrai bénéfice.
Ce qui se joue ici, c'est la question de savoir qui profite réellement de cette ressource naturelle, alors que ceux qui la récoltent risquent leur santé chaque été.




