Un investisseur américain pas comme les autres vient d'ajouter le Maroc à sa carte en Afrique. Son objectif : financer des entreprises qui aident les agriculteurs à mieux résister aux changements climatiques, tout en ayant un impact social.
Selon Barlamane, Acumen, une société d'investissement américaine qui privilégie les retombées sociales et environnementales, a intégré le Maroc – ainsi que l'Égypte – dans son deuxième Fonds pour une agriculture résiliente. Ce fonds vise à collecter 120 millions de dollars et en a déjà réuni 90 millions. Concrètement, cela signifie que des exploitations agricoles et des entreprises marocaines pourront bénéficier de financements, par exemple dans l'irrigation solaire, les équipements de transformation, l'accès au crédit, la commercialisation des récoltes, la production de protéines abordables ou encore la valorisation des déchets agricoles.
Le premier fonds du même type était lui concentré sur l'Afrique de l'Est et de l'Ouest. Cette fois, l'Afrique du Nord entre dans la boucle. Pour sécuriser les investisseurs privés, un mécanisme dit de « premières pertes » a été mis en place : le Fonds vert pour le climat et le Fonds de financement des petites et moyennes entreprises agricoles en Afrique (FASA) ont accepté d'absorber une partie des pertes éventuelles en priorité. Cela réduit le risque pour les autres souscripteurs, ce qui attire davantage de capitaux privés dans un secteur agricole souvent jugé vulnérable.
Parmi les autres bailleurs de fonds figurent plusieurs institutions européennes de financement du développement – FMO, Proparco, Swedfund et BIO – ainsi qu'un bureau de gestion de fortune familiale dont le nom n'a pas été révélé. Le fonds soutiendra notamment des entreprises qui financent l'achat de systèmes d'irrigation solaire ou de machines de transformation, qui connectent les agriculteurs aux acheteurs, ou encore qui trouvent des débouchés économiques pour les résidus agricoles.




