Pendant trois décennies, la Banque mondiale a martelé un message aux pays en développement : l'État doit surtout ne pas intervenir dans l'économie. Aujourd'hui, elle change complètement de discours.
Selon un rapport récent de l'institution, intitulé « Politique industrielle pour le développement », et dont parle le média Challenge, la Banque mondiale admet que ses recommandations des années 1990 sont aujourd'hui « aussi utiles qu'une disquette ».
À l'époque, l'institution poussait les États à se contenter d'un rôle de simple facilitateur, à ouvrir leurs marchés et à réduire leurs dépenses. Cette ligne était inspirée du courant économique néolibéral, porté dans les années 1980 par des dirigeants comme Margaret Thatcher ou Ronald Reagan.
Mais le monde a changé. Le revenu moyen mondial par habitant a presque doublé depuis 1993, explique la Banque mondiale. Les voies les plus simples vers la prospérité ont déjà été utilisées. Dans ce nouveau contexte, l'institution reconnaît que les pouvoirs publics doivent désormais jouer un rôle actif dans l'orientation de l'industrie.
Ce revirement ouvre la porte à des politiques plus interventionnistes dans des pays comme le Maroc, où l'État est déjà très présent dans certains secteurs. La question est maintenant de savoir comment ce nouveau discours sera traduit dans les programmes concrets de la Banque mondiale.




