La crise migratoire qui a secoué l'enclave espagnole de Ceuta fin juillet continue de faire des vagues, jusqu'à envenimer les relations entre Madrid et Rome.
Cette semaine, le chef de la diplomatie espagnole s'est rendu à Ceuta, un territoire espagnol situé sur la côte nord du Maroc, pour la première fois. Sur place, il a vivement critiqué la réponse de l'Italie à cette crise, estimant qu'elle était motivée par des considérations politiques internes plutôt que par un esprit de solidarité européenne.
Tout est parti d'un afflux massif de migrants à Ceuta, avec plus de 72 000 personnes entrées en l'espace de deux jours selon les autorités espagnoles. Pour faire face, l'Espagne a déployé l'armée et fermé la frontière de Melilla, son autre enclave au Maroc. Mais cette situation a aussi déclenché des tensions entre pays européens.
L'Italie a décidé de soumettre les vols en provenance d'Espagne à des vérifications. Une mesure que Madrid a jugée disproportionnée et a riposté en instaurant des contrôles similaires à ses propres frontières avec l'Italie. D'après Barlamane, le ministre espagnol a directement accusé Rome de chercher à "couvrir des besoins électoraux internes" plutôt qu'à faire preuve de solidarité.
Au-delà de cette querelle diplomatique, la situation humanitaire reste préoccupante à Ceuta. Combien de migrants s'y trouvent encore ? Les chiffres varient fortement selon les sources. Le gouvernement central parle de 2 000 à 2 500 personnes, tandis que le maire de la ville avance une fourchette de 8 000 à 11 000, pour une ville d'environ 84 000 habitants. Des écarts qui illustrent la complexité de la situation.
Il faut savoir que l'Italie avait déjà critiqué la politique migratoire de l'Espagne après les événements de juillet, en particulier sa décision de régulariser environ un million de personnes en situation irrégulière. Ce différend montre que les questions migratoires restent un sujet explosif en Europe, capable de fissurer l'unité entre États membres.
Le ministre espagnol a cependant tenu à saluer la coopération du Maroc, affirmant que le royaume avait soutenu dès le départ le retour des migrants. Une position qui contraste avec les tensions diplomatiques avec Rome.




