Le chef de la diplomatie espagnole a comparu devant la commission des affaires étrangères du Parlement pour s'expliquer sur la gestion de la crise de Ceuta. Il a présenté sa propre version des faits, entre coopération avec le Maroc et dénonciation d'une « internationale réactionnaire ».
Que s'est-il passé ? Fin juillet, des centaines de personnes sont entrées massivement dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc. Face à cette situation, le ministre espagnol des Affaires étrangères a défendu son action et celle du gouvernement. Selon lui, la coopération avec le Maroc a été décisive pour ramener le calme et organiser les retours.
Devant les députés, José Manuel Albares a expliqué que ses échanges réguliers avec son homologue marocain ont permis d'éviter de nouvelles tentatives d'entrée. Il a qualifié cette coopération d'« essentielle » et le dialogue diplomatique d'« indispensable ». Selon lui, 90 % des personnes entrées à Ceuta ont regagné le Maroc en moins de vingt-quatre heures.
Le ministre a aussi pointé du doigt la désinformation comme étant à l'origine de cette crise. Il a affirmé qu'un arrêt du Tribunal suprême espagnol, mal interprété, avait circulé sur les réseaux sociaux et dans les réseaux de migrants, provoquant un afflux massif. Il a évoqué une « viralité sans précédent » avant que l'épisode ne soit « instrumentalisé » par une « internationale réactionnaire » cherchant à déstabiliser l'Europe.
Il a également mentionné Elon Musk, propriétaire du réseau social X, comme l'un de ceux qui ont relayé le récit d'un effondrement migratoire. Il a avancé que 40 % des messages consacrés à Ceuta sur cette plateforme entre le 27 juillet et le 10 août avaient été publiés en anglais, preuve selon lui que l'exploitation politique dépassait largement le cadre hispano-marocain. Albares a aussi accusé des « mafias », des partis politiques et des États de chercher à diviser.
Sur le front européen, il a reproché à l'Italie de Giorgia Meloni son « manque de solidarité » après la décision italienne de contrôler les voyageurs venant d'Espagne. Il a qualifié cette mesure d'« arbitraire » et d'« affront injustifié ».
Cette audition intervient dans un contexte tendu, mais le ministre a écarté toute accusation directe contre le Maroc. Il a préféré insister sur la nécessité de maintenir le dialogue. D'après Barlamane, qui rapporte des propos tenus devant la commission des affaires étrangères du Congrès des députés.




