La Banque centrale marocaine vient de publier son bulletin hebdomadaire. Il ne s'agit pas d'un simple relevé technique : ces chiffres sont scrutés par les marchés pour évaluer la santé économique du Royaume.
Que se passe-t-il exactement ? Bank Al-Maghrib (BAM), l'institution qui pilote la politique monétaire du Maroc, a dévoilé ses indicateurs pour la période du 20 au 26 août 2026. L'objectif : dresser un état des lieux de la monnaie nationale et de la situation financière du pays.
Le premier enseignement concerne la monnaie elle-même. Le dirham s'est légèrement apprécié face au dollar (+0,2%) et s'est tout aussi légèrement déprécié face à l'euro (-0,1%). Ce sont des mouvements de très faible amplitude. Selon Challenge, qui a rapporté ces données, cela traduit une « relative stabilité de la monnaie nationale ». Concrètement, le Maroc fonctionne avec un régime de change encadré : la valeur du dirham reste étroitement liée aux fluctuations du dollar et de l'euro sur les marchés internationaux, sans grande surprise.
Le deuxième point important concerne les réserves de change. Au 19 août 2026, les avoirs officiels de réserve — autrement dit, le trésor de guerre en devises étrangères du pays — s'élevaient à 499,3 milliards de dirhams. C'est un léger repli (-0,1%) sur la semaine, mais une progression de 21,9% sur un an. Pourquoi c'est important ? Ces réserves servent de filet de sécurité pour payer les importations et rembourser la dette extérieure. Les investisseurs et les agences de notation surveillent cet indicateur de près pour évaluer la solidité financière du pays.
Enfin, la Banque centrale a continué d'injecter des liquidités dans le système bancaire. Lors d'un appel d'offres daté du 27 août, elle a injecté 59,5 milliards de dirhams sous forme d'avances à 7 jours. Au total, sur la semaine, ses interventions ont atteint 150,1 milliards de dirhams en moyenne quotidienne. C'est un mécanisme classique : les banques ont besoin de liquidités pour fonctionner et prêter ; BAM leur en fournit via plusieurs instruments, à court ou plus long terme.
Fait notable : aucune opération d'adjudication n'a été réalisée sur le marché des changes cette semaine-là. D'après l'article, cela signifierait que la Banque juge les conditions de marché « suffisamment stables » pour ne pas avoir besoin d'intervenir.
En résumé : monnaie stable, réserves en hausse sur un an, et une Banque centrale qui continue de soutenir les banques. Un tableau plutôt rassurant, à prendre avec les précautions d'usage sur des données hebdomadaires.




