Quand le Détroit d'Ormuz se ferme ou que les prix du baril s'affolent, le Maroc ressent l'onde de choc presque instantanément. La raison ? Le royaume importe la quasi-totalité de ses hydrocarbures, sans filet de sécurité pour absorber les hausses de prix.
Selon Challenge, le Maroc dépend à hauteur de presque 100% des importations pour ses produits pétroliers raffinés et son gaz. En temps normal, la facture annuelle oscille entre 10 et 13 milliards de dollars par an. Cette dépendance s'est révélée brutalement lors de la récente fermeture du Détroit d'Ormuz, un passage stratégique par lequel transite 20% de la production pétrolière mondiale. Après le bombardement israélo-étatsunien contre l'Iran, le prix du baril a dépassé les 100 dollars.
Les conséquences au Maroc ont été immédiates : en trois mois, le gasoil est passé de 9,91 dirhams à 14,54 dirhams, et l'essence de 11,84 à 15,56 dirhams. Les distributeurs que sont Afriquia, Petrom, Petromin, Shell, Total et Winxo ont répercuté l'augmentation quasi sans transition. Pour Challenge, ce choc révèle surtout l'absence de mécanismes de résilience pour amortir ce type de crise.
Le pays s'approvisionne surtout en Europe (l'Espagne fournit 21% du diesel et de l'essence) et aux États-Unis (premier fournisseur de gaz butane). Mais avec la multiplication des conflits géopolitiques, le média estime que la diversification des sources d'approvisionnement devient une nécessité. Le Maroc a certes entamé le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire qui représente aujourd'hui près de 5% de la production électrique. Mais ce début prometteur peine à répondre aux besoins énergétiques urgents d'une économie en émergence.




