La Syrie, pays en reconstruction, achète massivement des conserves de poisson. Et le Maroc en profite : il fournit aujourd'hui un tiers de ce marché, derrière seulement la Thaïlande.

Selon un document du ministère turc du commerce consulté lundi 20 juillet et rapporté par Barlamane, le Maroc est devenu en 2025 le deuxième fournisseur de la Syrie en préparations et conserves de poissons, mollusques et autres invertébrés aquatiques. Sa part de marché atteint 33,9 %.

Ce chiffre provient de Trade Map, la base statistique du Centre du commerce international (ITC). Pour donner un ordre de grandeur, cela représente environ 16,1 millions de dollars sur un marché syrien total de 47,62 millions de dollars.

Concrètement, quand un Syrien achète une boîte de sardines ou de thon en conserve, une sur trois vient probablement du Maroc. Seule la Thaïlande fait mieux (39,5 %). La Chine est troisième (17,7 %), suivie de la Turquie (4,2 %) et d'Oman (2,2 %). Ensemble, la Thaïlande et le Maroc pèsent près des trois quarts des achats syriens dans cette catégorie.

Cet accès privilégié s'explique aussi par un avantage fiscal : les conserves marocaines entrent en Syrie sans droit de douane. Même traitement pour Oman, alors que la Thaïlande, la Chine et la Turquie paient, elles, 6,3 % de taxes à l'importation.

Le marché syrien des conserves de poisson a bondi de 125,6 % entre 2024 et 2025. Une croissance que les exportateurs turcs ont aussi exploitée (leurs ventes ont grimpé de 410,8 %), mais ils restent loin derrière le Maroc avec seulement 4,2 % de part de marché.

Le document du ministère turc recense quinze catégories de produits agricoles et alimentaires jugées prometteuses pour les exportateurs turcs en Syrie. Le Maroc n'apparaît que dans celle des produits aquatiques. Ces quinze catégories totalisent 490,02 millions de dollars d'importations syriennes, sans autre présence marocaine parmi les cinq premiers fournisseurs.