Des mouvements aériens inhabituels ont été repérés au nord du Maroc, à quelques kilomètres de l'enclave espagnole de Ceuta. Quatre avions militaires ont enchaîné les allers-retours entre plusieurs villes du royaume et l'aéroport de Tétouan, sans qu'on sache ce qu'ils transportaient.
Que se passe-t-il ? Selon le quotidien espagnol The Objective, qui s'appuie sur les données de la plateforme de suivi aérien FlightRadar24, quatre appareils des Forces royales air (FRA) — l'aviation militaire marocaine — se sont posés vendredi 31 juillet sur l'aéroport de Tétouan-Sania Ramel, dans le nord du Maroc. Le journal a compté au moins huit vols effectués en quelques heures par ces aéronefs, un enchaînement qu'il décrit comme « un pont aérien logistique » entre plusieurs bases du pays et sa façade septentrionale.
Pourquoi c'est important ? Sania Ramel se trouve à une quarantaine de kilomètres de Ceuta, l'enclave espagnole située sur la côte marocaine. La zone est sous tension : selon le ministère espagnol de l'intérieur, 48 300 personnes sont déjà revenues au Maroc après leur passage à Ceuta, tandis que les autorités de la ville évoquent 60 000 entrées en quelques heures. Face à cette situation, l'Espagne maintient un dispositif de surveillance élargi à Ceuta et au Maroc.
Ce que montrent les données de vol : un C-130 Hercules a effectué deux trajets entre la base de Khouribga et Tétouan ; un autre a repris le même itinéraire ; un troisième a relié Kénitra à Tétouan, puis est reparti vers Kénitra, avant de rejoindre Rabat et de revenir vers Tétouan ; un avion de transport tactique CN-235 a été détecté sur la liaison Tanger-Tétouan. Le schéma repose sur des allers-retours successifs des mêmes appareils plutôt que sur l'arrivée d'un grand nombre d'avions — une méthode habituellement utilisée pour acheminer du personnel ou du matériel depuis plusieurs bases vers un même point de concentration.
Ce qu'on ne sait pas : le contenu des soutes demeure inconnu, comme le précise The Objective — le suivi des trajectoires ne permettant aucune conclusion sur ce point. Par ailleurs, le ministère espagnol des affaires étrangères a démenti tout lien entre ces mouvements et le déplacement du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en Algérie. La Commission européenne a également écarté l'hypothèse de transferts de migrants depuis Ceuta. Selon Barlamane, qui a rapporté ces informations, l'enchaînement des vols reste donc inexpliqué.




