Un rassemblement pour demander la vérité sur la mort d'un Marocain s'est transformé en affrontements avec la police, dans le centre de Bologne, une grande ville du nord de l'Italie.
Lundi 20 juillet, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pacifiquement sur la Piazza del Nettuno pour rendre hommage à Abderrahim Fakir, un entrepreneur d'origine marocaine mort la veille lors d'une tentative d'interpellation par la police, selon l'agence italienne ANSA, citée par Barlamane. La foule réclamait «vérité et justice».
Après ce rassemblement, une partie des manifestants s'est dirigée vers la Piazza Roosevelt. Là, des jets d'objets et d'engins pyrotechniques (feux d'artifice, fumigènes) ont visé les policiers, qui ont répondu par des charges, du gaz lacrymogène et des canons à eau. Des barrières de chantier, des vélos en libre-service et du mobilier de terrasse ont aussi été endommagés.
La nièce du défunt, Yossra Fakir, a déclaré devant la foule que son oncle «n'était ni un numéro, ni une nouvelle, ni un fait divers», mais «une personne aimée». Elle a insisté sur le fait que la famille ne demandait «aucune haine», seulement «vérité, justice et dignité». Les proches ont ensuite pris leurs distances avec les actes de vandalisme. Leur avocat a estimé que les auteurs de ces violences servaient les intérêts de ceux qui voudraient empêcher de connaître la vérité.
Selon un syndicat de police (COISP), 56 agents ont été blessés — un bilan non encore confirmé par les autorités. Les médias italiens évoquaient plusieurs blessés des deux côtés, sans chiffre définitif.
Abderrahim Fakir, 34 ans, est mort dimanche 19 juillet dans le quartier du Pilastro. La police était intervenue après un signalement pour un homme «agité», soupçonné d'avoir endommagé une voiture. Une vidéo obtenue par les enquêteurs le montre allongé à plat ventre, maintenu au sol par deux agents, les mains dans le dos. Il appelle à l'aide et dit ne plus pouvoir respirer, puis cesse de bouger. La cause exacte de sa mort n'est pas encore connue.




