Le Maroc et le Portugal ont décidé de construire une ligne électrique qui les reliera directement, sans passer par l'Espagne. Pour la financer, ils comptent sur l'argent de l'Union européenne et sur des investisseurs privés.

Imaginez un câble géant, sous la mer ou sous terre, qui permettrait d'envoyer de l'électricité du Maroc vers le Portugal et inversement. C'est le projet que les deux pays veulent concrétiser. Actuellement, la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) n'est reliée au reste de l'Europe que par quelques lignes, qui ne représentent que 3% de sa capacité électrique. L'UE souhaite que ce chiffre monte à 15% d'ici 2030.

Selon Barlamane, qui cite l'agence Reuters, l'urgence autour de ce dossier s'explique par une énorme panne d'électricité qui a touché une partie de l'Espagne et du Portugal en avril 2025. Cette panne a montré la fragilité du réseau ibérique.

Les deux gouvernements ont donc décidé de parler à la Commission européenne. Ils veulent savoir si leur projet peut être considéré comme un « projet important d'intérêt européen commun » (PIIEC). Ce statut leur permettrait d'obtenir plus facilement des aides financières de l'UE. La ministre portugaise de l'environnement et de l'énergie, Maria da Graça Carvalho, et la ministre marocaine de la transition énergétique, Leïla Benali, ont prévu de présenter le dossier à la vice-présidente de la Commission, Teresa Ribera.

Côté financement, Rabat et Lisbonne ont deux idées. D'abord, ils vont demander de l'argent au « mécanisme pour l'interconnexion en Europe » (MIE), un fonds de l'UE pour les infrastructures. Ensuite, ils vont sonder les entreprises privées (gestionnaires de réseaux, compagnies d'électricité) pour voir si elles sont prêtes à investir. L'objectif, selon la ministre portugaise, est de ne pas faire porter tout le coût par les contribuables ou les consommateurs d'électricité. Pour l'instant, on ne connaît pas le prix total de ce projet.

Cette liaison ne servirait pas seulement à relier le Maroc et le Portugal. Selon les deux gouvernements, elle améliorerait la sécurité électrique des deux côtés de la Méditerranée et ouvrirait la voie à une coopération énergétique plus large entre l'Afrique et l'Europe.