Les comprimés psychotropes, destinés à soigner, terminent parfois dans les poches de trafiquants. C'est ce que révèle une affaire récente à Casablanca, où le circuit légal du médicament a été utilisé à des fins illicites.

Il ne s'agit pas d'un simple trafic de rue. Selon Aujourd'hui le Maroc, un pharmacien et son assistant ont été arrêtés la semaine dernière, en compagnie d'un troisième complice, lors d'une opération menée par la police judiciaire du district d'El Fida-Mers Sultan, appuyée par la Direction générale de la surveillance du territoire. Leur rôle présumé : fournir des comprimés psychotropes à un trafiquant, contre des commissions.

Ce trafiquant avait d'abord été pris en flagrant délit, avec 25 ordonnances médicales sur lui. Les perquisitions ont ensuite permis de saisir 672 comprimés de différents types, ainsi que des documents médicaux et un registre professionnel. Les trois suspects sont en garde à vue, dans l'attente d'être présentés au procureur du Roi près le tribunal de première instance de Casablanca.

Ce qui est en cause ici, c'est la perméabilité d'un système normalement contrôlé : les psychotropes sont des médicaments soumis à prescription, car ils agissent sur le système nerveux et peuvent créer une dépendance. Leur détournement alimente un marché parallèle, avec des conséquences sanitaires et sociales lourdes.

L'affaire souligne aussi l'importance des commissions évoquées — entre 1 500 et 2 000 dirhams — qui auraient motivé la participation des professionnels de santé. Reste à savoir quelles suites judiciaires seront données, et si cette affaire en révélera d'autres.