La question des concours de recrutement au ministère de la Justice a animé les débats parlementaires. Accusé d'écarter les diplômés en droit, le ministre Abdellatif Ouahbi a préféré défendre une stratégie de sélection qui, selon lui, va au-delà d'un simple quota.

Tout commence par une interpellation. La députée Fatima-Zahra Batta, du Parti de la justice et du développement (PJD), a dénoncé ce qu'elle qualifie d'« exclusion injustifiée » des diplômés en droit de certains concours du ministère. Une manière, selon la source Challenge, de tacler une figure politique du PAM, parti concurrent.

Mais le ministre a riposté en expliquant que son département cherche avant tout à répondre à des besoins précis. Il a fait valoir que depuis 2021, 873 postes ont été ouverts à des profils juridiques ou apparentés. Il a détaillé les filières concernées : droit public, droit privé, charia, sciences politiques, relations internationales, etc.

Au-delà de la polémique, le ministre a surtout voulu insister sur le fait que sa politique des ressources humaines n'est pas purement quantitative. Selon lui, les besoins de l'administration judiciaire évoluent et imposent de diversifier les profils recrutés. Le message est clair : on ne recrute pas seulement pour remplir des postes, mais pour répondre à des missions spécifiques.

Un exemple concret : en 2021, 280 postes étaient ouverts aux diplômés en sciences juridiques ou en charia. En 2023, sur 252 postes, 240 leur étaient spécifiquement réservés. L'an dernier, 226 postes ont été proposés dans plusieurs spécialités juridiques. Autant d'éléments que le ministre a présentés comme la preuve que les juristes ne sont pas mis de côté – même si, selon ses détracteurs, ce n'est pas suffisant face au nombre de diplômés sans emploi.