Washington continue de renforcer sa coopération militaire avec le Maroc. Une nouvelle licence d'exportation de matériel de défense vient d'être notifiée au Sénat américain, marquant une nouvelle étape dans un partenariat déjà bien fourni.

Le département d'État américain a transmis, mercredi 29 juillet, au Sénat une certification concernant une licence d'exportation de biens et services de défense vers le Maroc, le Canada et les Émirats arabes unis, pour un montant d'au moins 50 millions de dollars. Cette information a été rapportée par le média en ligne Barlamane, qui a consulté le Congressional Record, le journal officiel des débats parlementaires américains.

En clair, les autorités américaines informent leurs élus de leur intention de vendre des équipements militaires à ces trois pays. Cette procédure est prévue par la loi américaine sur le contrôle des exportations d'armes. Le dossier, enregistré sous la référence DDTC 25-132, a été adressé à la commission des relations étrangères du Sénat. C'est la dernière notification publique concernant le Maroc en 2026.

Ce nouvel épisode s'inscrit dans une série de ventes d'armes américaines au Maroc. D'après Barlamane, qui avait précédemment révélé cette information, le Federal Register — le journal officiel du gouvernement fédéral américain — avait déjà publié en janvier les textes de trois projets de vente au royaume. Ils portent sur 600 missiles sol-air Stinger, 30 missiles air-air Amraam et 500 bombes guidées de petit diamètre. Ces projets, initialement certifiés en avril 2025 et en décembre 2024, représentent un montant cumulé de près d'un milliard de dollars.

Au total, depuis 2020, huit ventes potentielles d'armement américain au Maroc totalisent environ 2,24 milliards de dollars. Le contrat le plus important a été approuvé en avril 2025 : il s'agit de la vente de 600 missiles sol-air portables Stinger, pour un montant de 825 millions de dollars. Les entreprises américaines RTX et Lockheed Martin sont impliquées dans ce projet. Selon Washington, cette commande vise à renforcer la défense antiaérienne à courte portée des forces armées marocaines et l'interopérabilité avec les forces américaines.

Deux autres autorisations aériennes ont été annoncées en décembre 2024. L'une, de 88,37 millions de dollars, concerne jusqu'à 30 missiles air-air Amraam, destinés notamment à la future flotte marocaine de F-16 Block 72, ainsi qu'à la surveillance des frontières et des eaux territoriales. L'autre, d'un montant de 86 millions de dollars, porte sur des bombes guidées. En mars 2024, l'armée de terre marocaine avait également reçu une autorisation de 260 millions de dollars pour l'acquisition de 612 missiles.

Ce partenariat militaire s'explique par la relation de longue date entre les deux pays. Pour le Maroc, il permet de moderniser ses équipements de défense. Pour les États-Unis, il représente des contrats importants pour son industrie de l'armement. La nouvelle licence de 50 millions de dollars, même si elle est plus modeste, confirme la continuité de cette coopération, comme le souligne Barlamane.