Alors que la plupart des pays réduisent leurs impôts sur les entreprises, le Maroc fait le chemin inverse. Un nouveau rapport de l'OCDE le place désormais parmi les taux les plus élevés au monde, mais les chiffres officiels ne racontent pas toute l'histoire.
Selon Barlamane, qui a relayé les données de l'OCDE, le Maroc a augmenté son taux d'impôt sur les sociétés à 35% en 2026. Ce taux le met juste derrière la France (36,1%) parmi 146 pays étudiés, à égalité avec la Colombie et Malte.
Ce geste va à contre-courant de la tendance mondiale : depuis l'an 2000, 113 pays ont baissé leur taux d'impôt sur les sociétés, contre seulement 15 qui l'ont augmenté. Parmi ces rares exceptions, on trouve la Corée du Sud, la Lituanie et Saint-Marin, en plus du Maroc. Cette hausse était déjà programmée dans la loi de finances 2023.
Mais attention : le taux officiel (le "taux facial") ne reflète pas forcément ce que les entreprises paient réellement. Le rapport de l'OCDE ne tient pas compte des dispositifs marocains qui peuvent réduire l'impôt effectif, comme des barèmes progressifs ou des zones spéciales pour l'industrie. À titre de comparaison, pour Malte, le rapport précise que son système d'imputation permet de rembourser aux investisseurs une grande partie de l'impôt, ce qui n'est pas fait pour le Maroc.
Le rapport ne calcule pas non plus le "taux effectif" moyen pour le Maroc, c'est-à-dire ce que les entreprises versent vraiment une fois déductions et allègements appliqués. Dans d'autres pays, cet écart peut atteindre plusieurs points. Résultat : on ne sait pas exactement ce que paient concrètement les entreprises marocaines.




