Le Maroc veut faire le plein de blé national. Pour y parvenir, le gouvernement vient de prolonger les mesures incitatives destinées aux agriculteurs et aux organismes stockeurs.
Cette saison, la récolte céréalière est exceptionnelle. Pour ne pas laisser ce blé se perdre et renforcer son stock stratégique, le Maroc a décidé de donner un coup de pouce supplémentaire. Selon Aujourd'hui le Maroc, le Conseil de gouvernement, réuni mercredi à Rabat, a adopté un projet de décret qui prolonge la perception du droit d'importation sur le blé tendre et ses dérivés, tout en la suspendant.
Concrètement, cela signifie que les mesures mises en place début juin pour encourager la collecte nationale ont bénéficié d'un délai supplémentaire. L'Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) a également publié une circulaire qui proroge la période dite « primable » jusqu'à fin août — alors qu'elle devait initialement se terminer fin juillet.
De quoi s'agit-il exactement ? Pendant cette période, les organismes stockeurs (comme les coopératives ou les silos) qui achètent du blé tendre de la récolte nationale 2026 reçoivent une prime de magasinage. Cette prime est de 2,50 dirhams par quintal et par quinzaine. Autrement dit, plus ils gardent le blé en stock longtemps, plus ils sont rémunérés — l'objectif étant d'inciter à ne pas revendre tout de suite, pour que l'État puisse s'approvisionner en priorité.
Le document précise que la période de collecte primable peut encore être réduite ou prolongée selon l'avancement de la récolte et de l'approvisionnement. Par ailleurs, les quantités de blé utilisées pour fabriquer les farines subventionnées (vendues à prix réduit) sont considérées comme des sorties de stock. Dès que l'Office valide un appel d'offres, le blé concerné cesse de bénéficier de la prime.
Cette décision montre que le Maroc cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire en maximisant l'utilisation de sa propre production, plutôt que de dépendre des importations.




