Moins de dettes, plus de dépenses : le gouvernement marocain veut concilier les deux d'ici 2026. Mais certains experts s'interrogent sur la solidité du plan.

Le Maroc s'est fixé un objectif budgétaire précis pour 2026 : ramener son déficit à 3% de son PIB. Ce chiffre, qui correspond à peu près à la règle européenne, est un signe de bonne santé financière pour un pays. Mais selon Médias24, qui a analysé le dossier, la route est semée d'obstacles.

Le gouvernement doit encaisser plusieurs chocs en même temps : les prix de l'énergie flambent, les dépenses sociales augmentent, les salaires des fonctionnaires grimpent, et l'État investit plus que jamais. Tous ces facteurs poussent mécaniquement le déficit à la hausse. Pourtant, le gouvernement maintient sa cible.

D'après la même source, la cible est « comptablement atteignable », c'est-à-dire qu'avec un peu de jonglerie chiffrée, on peut mathématiquement y arriver. Mais la vraie question est ailleurs : cet équilibre reposera-t-il sur des bases solides et durables ?

Autrement dit, le risque est que pour tenir les 3%, on utilise des mesures temporaires — ventes d'actifs, reports de paiements, ou coupes dans certains budgets — qui ne règlent pas le fond du problème. Et à la première secousse (nouvelle crise énergétique, catastrophe naturelle, baisse des recettes fiscales), le compte pourrait ne plus y être.