Un projet colossal d'ammoniac vert à Laâyoune vient de recevoir un coup de pouce des États-Unis. Pas de quoi construire l'usine, mais assez pour lancer les études qui décideront de son avenir.

L'ammoniac vert, c'est un engrais fabriqué sans énergie fossile, en utilisant de l'électricité renouvelable. Et le Maroc veut devenir un champion de sa production, surtout dans le Sahara.

Cette semaine, l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a annoncé une subvention de près de 6 millions de dollars à la société américaine ORNX. Selon Barlamane, qui a rapporté l'information, cet argent servira à financer les études d'ingénierie de la première tranche d'un énorme complexe d'ammoniac vert à Laâyoune. Le projet total est estimé à 4,5 milliards de dollars.

Concrètement, cette subvention ne paie pas les travaux de construction. Elle sert à tout préparer en amont : choisir les technologies, estimer le budget final, monter le plan de financement. En clair, le gouvernement a déjà donné son accord foncier en février pour que le consortium installe son usine dans la région. Maintenant, il faut vérifier que le projet est techniquement, économiquement et environnementalement viable avant de donner le feu vert définitif.

Le consortium international piloté par ORNX réunit aussi l'américain Ortus, l'espagnol Acciona et l'allemand Nordex. L'étude technique sera menée par plusieurs cabinets américains, dont KBR. L'idée, c'est d'installer plus de 2 gigawatts d'énergie solaire et éolienne, avec des batteries pour le stockage, pour alimenter des électrolyseurs (900 mégawatts) qui fabriqueront de l'hydrogène. Cet hydrogène servira ensuite à produire de l'ammoniac vert, avec de l'eau dessalée.

Si tout va bien, la première tranche du complexe pourrait fournir environ 560 000 tonnes d'ammoniac par an. Mais ce n'est pas encore joué : les études décideront si le projet est assez rentable et solide pour mobiliser les 4,5 milliards de dollars nécessaires.