La bonne nouvelle économique a un revers : croissance record, mais pas assez d'emplois ni de numérique. La Banque mondiale vient de publier son analyse semestrielle sur le Maroc, et le tableau est contrasté.
D'après Barlamane, qui rapporte les conclusions de l'institution, le PIB marocain a bondi de 4,9 % en 2025. C'est le rythme le plus élevé depuis près de dix ans. À première vue, tout va bien : le Maroc fait mieux que la moyenne des pays du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et des économies émergentes.
Sauf que cette croissance repose presque entièrement sur l'investissement public. Les grands travaux — chemins de fer, autoroutes, hôtels — préparés pour la Coupe du monde de football 2030 expliquent en grande partie la hausse de 16,3 % de l'investissement total. Les dépenses des administrations publiques ont aussi grimpé de 5,1 %, à cause de l'extension de la protection sociale et des revalorisations salariales des fonctionnaires.
Problème : cette demande intérieure booste les importations de matériel et de biens d'équipement. Résultat, l'économie marocaine devient plus vulnérable aux chocs sur les prix internationaux et le transport maritime.
Mais les deux sujets qui inquiètent vraiment la Banque mondiale sont ailleurs. D'abord, le marché du travail : la participation des femmes à l'emploi reste l'une des plus faibles au monde, malgré la croissance. Ensuite, le retard numérique : les entreprises marocaines n'ont qu'une adoption superficielle des technologies digitales. Pourtant, si elles intégraient mieux ces outils, l'économie pourrait gagner 10 % à 15 % de productivité dans les années à venir.
Cerise sur le gâteau : la Banque mondiale prévoit que le conflit au Moyen-Orient, débuté fin 2025, retirera 0,8 point à la croissance attendue en 2026.




