Le marché immobilier marocain suit une tendance mondiale : les prix, une fois ajustés de l'inflation, sont en légère baisse. C'est ce que révèle la Banque des règlements internationaux (BRI), qui surveille l'évolution des prix de l'immobilier dans le monde.

La BRI, une institution basée à Bâle qui regroupe les banques centrales, a publié jeudi 27 août ses chiffres pour le premier trimestre 2026. Au Maroc, les prix réels du logement ont reculé de 1% sur un an. Cela signifie que, si l'on tient compte de l'augmentation générale des prix à la consommation (l'inflation), le coût d'un logement a légèrement diminué en pouvoir d'achat.

Concrètement, les prix nominaux (ceux affichés) ont augmenté de 1,7% à l'échelle mondiale, mais l'inflation a été plus rapide, ce qui entraîne une baisse des prix réels. Au Maroc, ce repli de 1% le place dans le groupe des pays où le marché se contracte, comme la Turquie (–3%), tandis que d'autres pays émergents comme le Brésil (+5%), le Mexique (+4%) et l'Afrique du Sud (+3%) continuent de progresser, précise l'institution.

Cette baisse n'est pas un phénomène isolé. À l'échelle mondiale, les prix réels du logement ont reculé de 1,2% sur un an, après une baisse de 0,5% au trimestre précédent. Les économies avancées ont vu leurs prix réels cesser de progresser, avec un léger recul de 0,2%, le premier depuis le troisième trimestre 2024. Les économies émergentes, elles, ont vu leur baisse s'accentuer à –2,0%, notamment à cause de l'Asie (–4,3%), tandis que l'Amérique latine a progressé de 5,0%.

La BRI souligne cependant une grande dispersion : un tiers des économies avancées et un quart des économies émergentes ont vu leurs prix réels baisser, mais certains pays ont connu des hausses fortes, comme le Portugal (+15%), la Macédoine du Nord (+13%) et la Bulgarie (+11%). À l'inverse, la Chine (–7%), le Canada (–7%) et la Nouvelle-Zélande (–4%) ont subi les plus fortes baisses. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les prix réels ont reculé de 2%. Selon Barlamane, qui a relayé ces données, le Maroc fait partie des pays déclarants dont la BRI diffuse l'indice, sans compter dans l'agrégat des économies émergentes.

Pour le Maroc, cette baisse des prix réels pourrait être une bonne nouvelle pour les acheteurs, mais elle reflète aussi un marché qui s'essouffle, dans un contexte économique mondial incertain. Les chiffres précis par ville ou par type de bien ne sont pas détaillés ici, mais la tendance est claire : le logement devient légèrement plus abordable en termes réels, du moins sur le papier.