Les relations migratoires entre le Maroc et l'Europe connaissent un tournant. Rabat ne veut plus jouer les simples exécutants.

Le 24 février, une source gouvernementale marocaine a livré un message on ne peut plus clair depuis Rabat : le Maroc n'est pas un sous-traitant de l'Europe en matière de migration. Il se considère comme un partenaire souverain, avec des responsabilités partagées.

Ce ton ferme s'explique par des tensions récentes autour de la gestion des flux migratoires, notamment les événements de Sebta. Selon cette source, ces événements ont été utilisés à des fins politiques et électorales, ce qui a suscité déception et colère. Elle a aussi critiqué la couverture médiatique sensationnaliste et alarmiste de la crise, qui a, selon elle, donné lieu à des commentaires haineux et des analyses irrationnelles. Certains acteurs politiques ont manqué de vision et ont fait preuve de myopie stratégique, ajoute-t-elle.

Concrètement, le Maroc demande un changement des règles d'engagement entre lui et l'Europe. La source gouvernementale insiste : le Maroc protège son territoire, mais personne ne le fera à sa place. Les financements européens ne suffisent pas, et le partenariat ne peut pas être à sens unique.

Ce message a été rapporté par Challenge. Pour l'instant, on ne sait pas si ces déclarations entraîneront des changements concrets dans la politique migratoire. Mais le ton est clair : Rabat veut être traité d'égal à égal, et compte bien le faire savoir.