La pression migratoire aux portes de l'Espagne a changé de nature, et Rabat en attribue la responsabilité à une décision de justice prise à Madrid, pas aux réseaux de passeurs.

Lundi 3 août, une source gouvernementale marocaine, citée par l'agence MAP, a affirmé que le dispositif de lutte contre l'immigration clandestine a cédé. Selon cette source, ce n'est pas sous la pression des passeurs, mais à cause d'une décision de justice espagnole.

En clair, le Maroc estime que son dispositif de dissuasion — qui vise à empêcher les départs irréguliers vers l'Espagne — s'est retrouvé affaibli par un jugement rendu le 8 juillet par un juge espagnol. Ce jugement aurait protégé les migrants arrivant par voie maritime d'une reconduite automatique, ce qui, selon Rabat, a réduit à néant l'effet dissuasif recherché. Pour la source gouvernementale, cette décision a « immunisé » l'accès illégal par mer, incitant trafiquants et candidats au départ à tenter leur chance.

D'après la même source, les autorités espagnoles connaissaient ce jugement et ne pouvaient pas ignorer ses conséquences. Rabat déplore de ne pas avoir été alerté par Madrid, ni avoir anticipé des effets « pourtant très prévisibles ». La source s'interroge même sur une réaction jugée « tardive » face à ce facteur déclencheur.

Il faut rappeler que le Maroc et l'Espagne partagent deux frontières terrestres, autour des villes de Ceuta et Melilla, et une frontière maritime, empruntée par les routes migratoires vers le détroit de Gibraltar et les îles Canaries. Leur coopération en matière de contrôle des flux, souvent présentée comme un pilier de leur partenariat, avait été rétablie après une crise diplomatique antérieure.

Jusqu'à présent, aucun chiffre officiel n'a été communiqué sur le nombre d'arrivées depuis juillet, et aucune réaction espagnole n'a été rendue publique. La source gouvernementale n'a pas été identifiée nommément, selon l'agence MAP.

Cette situation soulève des questions sur l'avenir de la coopération migratoire entre les deux pays, mais aussi sur l'efficacité des dispositifs de contrôle face aux décisions judiciaires nationales.

Source : Barlamane