Dans un rapport publié fin juillet, une association de gestionnaires de réseaux électriques méditerranéens (Med-TSO) qualifie le réseau marocain de « stable » pour l'hiver 2025-2026. Une bonne nouvelle pour le royaume, qui voit aussi ses échanges avec l'Espagne mis en avant comme un atout pour la sécurité électrique de toute la région.
Pour comprendre de quoi il s'agit, il faut savoir que Med-TSO regroupe des opérateurs électriques de pays riverains de la Méditerranée. Chaque année, l'association examine le risque de pénurie d'électricité pour six pays non membres du réseau européen Entso-E : le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, la Jordanie et le Liban. Cette année, selon Barlamane, le rapport de Med-TSO indique que le Maroc et la Tunisie sont stables, tandis que la Libye et le Liban connaîtraient des difficultés sévères. La Jordanie, elle, tiendrait grâce à sa connexion avec l'Égypte.
Les analystes ont utilisé des outils avancés, notamment une base de données climatiques européenne et des calculs probabilistes, pour mesurer deux indicateurs : l'espérance de perte de charge (LOLE) et l'énergie attendue non desservie (EENS) — deux façons de quantifier le risque de coupure. Ces méthodes sont désormais alignées sur un règlement européen de 2019 sur la préparation aux risques dans le secteur électrique, ce qui donne plus de crédibilité aux comparaisons.
Mais le rapport va plus loin. Pour la première fois, Med-TSO a aussi étudié la « flexibilité » des réseaux de six pays du sud et de l'est de la Méditerranée, dont le Maroc. L'idée est de prévoir comment ces réseaux vont s'adapter à l'essor des énergies solaire et éolienne, qui sont intermittentes (elles ne produisent pas en continu). L'association estime que des interconnexions régionales solides — comme le câble électrique entre le Maroc et l'Espagne — pourraient réduire de 30 % les besoins d'ajustement rapide de la production. Attention : le document ne donne pas de détail chiffré pour le seul Maroc, ni n'annonce de nouvel investissement ou câble approuvé pour le royaume.
En revanche, il confirme la place active du Maroc dans les travaux techniques de l'association. Ainsi, Casablanca accueillera un atelier interne sur l'adéquation électrique le 30 septembre 2025, suivi d'une réunion du comité technique les 1ᵉʳ et 2 octobre. Ces réunions font suite à plusieurs mois de calculs sur les risques saisonniers. Le rapport mentionne aussi la participation d'Audrey Givone, responsable Maroc à la Banque européenne d'investissement, à une réunion en février — signe que les institutions financières suivent de près ces enjeux.




