Une fausse interprétation circulait ces derniers jours : Fouzi Lekjaa aurait eu la main sur une enveloppe de 210 milliards de dirhams pour le développement territorial. Mais les textes officiels disent autre chose.
D'après Barlamane, qui a consulté le Bulletin officiel publié par le secrétariat général du gouvernement (SGG) et le communiqué du cabinet royal, le décret n° 2.26.634 ne confie pas au ministre chargé du Budget la conduite financière des futurs programmes de développement territorial intégré. Sa mission est bien plus limitée : il est désigné, « à titre transitoire », comme ordonnateur — c'est-à-dire la personne autorisée à déclencher les dépenses — uniquement pour des opérations déjà engagées au 31 décembre 2025.
Concrètement, ce décret, daté du 3 août, concerne les dépenses du Fonds de développement territorial intégré liées aux programmes de développement rural et des zones montagneuses dont les engagements ont été contractés avant la clôture de l'exercice 2025. En clair : il s'agit de finir de payer des projets déjà lancés, pas de lancer de nouveaux chantiers.
Le texte est très précis. Son article premier limite l'ordonnancement aux « opérations engagées jusqu'au 31 décembre 2025 ». Son article 3 fixe au 31 décembre 2026 la fin de ce régime provisoire. Autrement dit, Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l'économie et des finances, intervient ici à cause de sa fonction, mais dans un cadre comptable strictement circonscrit.
Le Bulletin officiel n° 7534 du 13 août précise les modalités administratives. Des arrêtés pris en application du décret désignent des ordonnateurs adjoints et leurs suppléants — souvent des walis, gouverneurs ou responsables de services centraux ou déconcentrés — qui reçoivent les crédits correspondant aux dépenses déjà engagées. Ils peuvent avoir délégation de signature ou pouvoir d'approbation des marchés de travaux, fournitures ou services concernés. Mais ces délégations cessent à la fin de l'année.
L'architecture retenue écarte donc l'idée d'une concentration des crédits entre les mains du seul ministre chargé du Budget. Le dispositif vise uniquement à achever l'exécution budgétaire d'opérations anciennes et à payer les créances correspondantes pendant cette période intermédiaire, avant l'entrée en vigueur des nouveaux programmes de développement territorial.




