Le Maroc fait discrètement entretenir ses chars les plus puissants par l'armée américaine. Un rapport officiel américain, rendu public en août, le confirme — mais sans donner tous les détails.

Pour comprendre, il faut savoir que le M1 Abrams est le char de combat principal de l'armée américaine. C'est un engin blindé très lourd, conçu pour percer les lignes ennemies. Le Maroc en possède, et visiblement, il les fait réviser dans un centre spécialisé de l'armée américaine, à Anniston, dans l'État de l'Alabama.

Selon un rapport du Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis (le GAO, un organisme qui audite les dépenses fédérales), remis au Congrès le 10 août, des chars destinés au Maroc ont été pris en charge dans ces ateliers entre les exercices 2021 et 2025. Le Maroc figure sur une liste de clients étrangers, avec l'Ukraine, la Pologne, l'Australie, l'Égypte et le Koweït.

Ce que le rapport ne dit pas, c'est combien de chars marocains sont concernés, combien cela a coûté pour Rabat, ou quelles années précisément. La source, Barlamane, qui a consulté le rapport, souligne que les données sont globales et ne sont pas ventilées par pays.

Ce qui est certain, c'est que les Abrams ont représenté, à eux seuls, 658 millions de dollars de travaux pour toutes les armées étrangères sur la période. C'est loin devant les autres véhicules militaires traités à Anniston ou dans un second dépôt à Red River. Cela montre que le Maroc, comme d'autres pays, s'appuie sur les États-Unis pour maintenir son arsenal blindé en état de marche.

Pour le citoyen lambda, l'important est de comprendre que le Maroc entretient une relation militaire étroite avec Washington, et que ses équipements les plus sensibles sont parfois pris en charge directement par l'armée américaine. Mais il reste impossible, à ce stade, de savoir ce que cela coûte précisément au contribuable marocain.