Le projet de gazoduc Afrique-Atlantique est encore au stade des discussions financières. Pour le concrétiser, le Maroc a approché deux grandes institutions capables d'apporter des fonds.

Selon Barlamane, qui cite l'agence Bloomberg, le royaume a sollicité la Banque d'import-export des États-Unis (Exim Bank) et la Banque mondiale (BM) pour financer le gazoduc Afrique-Atlantique. L'ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a déclaré que ce projet de 26 milliards de dollars est "l'un des projets d'infrastructure les plus ambitieux actuellement préparés en Afrique".

Le gazoduc doit mesurer 6 800 kilomètres. Il relierait des gisements de gaz ouest-africains (notamment au Nigeria, au Sénégal et en Mauritanie) au gazoduc Maghreb-Europe, qui joint déjà le Maroc à l'Espagne. L'objectif est d'acheminer le gaz vers le marché marocain puis vers l'Europe.

Selon Youssef Amrani, le conflit iranien a rendu ce projet plus pertinent car il perturbe les flux énergétiques du Moyen-Orient. Mais pour l'instant, les discussions avec les banques n'ont pas encore abouti à un accord concret. Exim Bank a confirmé des échanges préliminaires sans donner de détails. La Banque mondiale n'a pas commenté. L'ambassadeur n'a pas non plus révélé le contenu des négociations.

Un soutien politique existe déjà : en juillet dernier, les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont signé un accord intergouvernemental qui facilite la coordination entre les douze États membres. Cela concerne les droits de passage, les tarifs et les règles de fourniture.

Le projet est porté par l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) au Maroc, avec la Société nigériane de gaz (NNPC). Les prochaines étapes dépendront de la réponse des banques contactées.