La crise des entrées à Ceuta a pris une tournure diplomatique inattendue : le chef de la diplomatie espagnole a publiquement remercié le Maroc pour son aide, tout en accusant des réseaux sociaux d'avoir amplifié l'incident. Une manière de désamorcer les critiques internes ?
Ceuta, petite ville espagnole située sur la côte nord du Maroc, a récemment été le théâtre d'arrivées massives de personnes à la nage. Pour comprendre, il faut savoir que Ceuta est une enclave espagnole en Afrique, séparée du Maroc par une frontière terrestre et maritime. Ces arrivées ont provoqué une crise migratoire et politique en Espagne.
Selon Barlamane, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que les autorités marocaines avaient offert leur collaboration dès les premières heures pour freiner ces arrivées et organiser le retour des personnes concernées. Il a insisté sur le fait que cette coopération était "dès le premier moment" et que la plupart des personnes étaient déjà reparties au Maroc.
Ce qui est frappant, c'est que cette déclaration vise à répondre aux critiques en Espagne sur la gestion de la crise. Albares a également évoqué une "activité inhabituelle sur les réseaux sociaux" qui aurait amplifié un arrêt du Tribunal suprême espagnol sur les refoulements à la frontière, avant de relier cela aux entrées à Ceuta. Il a même parlé d'une "internationale réactionnaire" derrière cette diffusion.
Concrètement, cela signifie que Rabat et Madrid affichent une coordination étroite sur ce dossier sensible. Mais le ministre n'a pas donné de chiffres précis sur le nombre d'arrivants ou de retours, ni sur la répartition entre adultes et mineurs. Une partie de l'information reste donc floue.
Pour les lecteurs marocains, cette reconnaissance espagnole est notable, car elle officialise un rôle actif du Maroc dans la gestion des flux migratoires, un sujet souvent source de tensions entre les deux pays.




