Le gouvernement marocain s'apprête à écrire le budget de 2027, mais il ne sera probablement pas là pour le dépenser. Ce chiffrage intervient dans un calendrier particulier : des élections législatives sont prévues entre la rédaction et l'exécution.

Concrètement, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a envoyé aux ministres une circulaire de 28 pages qui fixe les grandes lignes du projet de loi de finances 2027. Le document donne un objectif : ramener le déficit budgétaire (l'écart entre les recettes et les dépenses de l'État) à 3 % du PIB (la richesse produite par le pays) en 2027. Aujourd'hui, ce déficit est de 3,5 %.

Autre cible : la dette publique (tout ce que l'État doit) devrait passer de 66 % du PIB en 2026 à 65 % en 2027, puis à environ 63 % en 2029. Ces chiffres sont dans la circulaire, qui a été relayée par Barlamane.

Ce qui est inhabituel, c'est le moment. Les élections législatives du 23 septembre 2026 auront lieu quelques jours seulement après la clôture des consultations budgétaires, prévues du 7 au 17 septembre. Le gouvernement actuel fixe donc les plafonds d'un budget qu'une autre majorité pourrait avoir à gérer. Le texte parle même de ces élections comme d'un « rendez-vous pour le renouvellement des élites ».

Sur le fond, la circulaire met quatre priorités : consolider les acquis économiques, rattraper les écarts entre régions, poursuivre l'État social et les réformes structurelles, tout en gardant les finances publiques équilibrées.

Le gouvernement s'appuie sur des prévisions : une croissance de 5,3 % en 2026, puis 4,1 % en 2027. Il affirme que cela « réduit la dépendance de l'économie marocaine aux aléas climatiques ». Pourtant, les chiffres dans le même document montrent que la croissance agricole serait de 15,1 % en 2026, contre 4,2 % pour les autres secteurs — ce qui suggère que l'agriculture, très dépendante de la pluie, reste un moteur central.

Le texte cite aussi les évaluations du FMI et des agences Standard & Poor's et Moody's pour justifier la gestion actuelle. Pour rappel, le déficit était de 7,1 % en 2020 ; il est donc en baisse continue, mais l'exercice 2027 sera particulier : il sera préparé par une équipe, et potentiellement exécuté par une autre.

D'après Barlamane, le texte de la circulaire est disponible en intégralité sur le site du média.