Les camions marocains qui traversent le détroit de Gibraltar pourraient bientôt emprunter le train plutôt que la route pour remonter vers l’Europe. L’Espagne a lancé des travaux gigantesques pour adapter sa ligne ferroviaire entre Algésiras et Madrid à ce nouveau trafic.

Selon Barlamane, qui a rapporté l’information, l’Administrateur des infrastructures ferroviaires espagnol (Adif) a engagé plus de 345 millions d’euros pour adapter la voie entre Algésiras et San Fernando de Henares, près de Madrid. Le but : permettre aux semi-remorques (les remorques des camions) de monter sur des trains spéciaux, un système appelé « autoroute ferroviaire ».

Concrètement, ces travaux concernent 34 tunnels, 104 passages supérieurs et 18 ponts métalliques qu’il faut élargir ou rehausser pour que les remorques puissent passer. Aujourd’hui, les poids lourds qui arrivent par ferry depuis le Maroc au port d’Algésiras (séparé du Maroc par une quinzaine de milles marins) continuent leur route par la route. L’idée est de les transférer sur le rail jusqu’à la plate-forme logistique de Saragosse, au bénéfice des échanges entre l’Europe et le Maroc.

Une fois le service lancé, Adif prévoit d’abord deux trains par jour et par sens entre Algésiras et Saragosse, puis trois un an après, avec des camions venant ou allant au Maroc. À cela s’ajouteront d’autres liaisons (Huelva, Séville, Cadix). Au total, environ 360 camions pourraient être transportés chaque jour, soit 360 000 kilomètres de route évités quotidiennement.

L’ensemble du projet Algésiras-Madrid-Saragosse dépasse 680 millions d’euros et implique plusieurs partenaires (Adif, l’Autorité portuaire d’Algésiras, la société Aragon Plate-forme logistique et Rail&Truck). Les travaux sur la partie Madrid-Saragosse, dotés de plus de 330 millions d’euros, sont presque terminés, mais entre Algésiras et Venta de Cárdenas, la circulation est suspendue jusqu’à l’automne 2027 en raison des interventions.