Longtemps dominé par les géants historiques, le marché automobile mondial est en train de basculer. Et le Maroc se retrouve en première ligne, non pas en spectateur, mais en terrain de jeu de cette nouvelle donne.
Des voitures chinoises de plus en plus visibles au Maroc : leur part de marché est passée de 1,1 % à plus de 11 % en seulement deux ans. C'est l'un des signes les plus concrets d'une vague qui déferle sur de nombreux pays, comme le rapporte le média Challenge. Derrière cette progression, il y a un bouleversement global : la Chine est devenue le premier exportateur mondial de voitures particulières et ses usines produisent près de 40 % des véhicules dans le monde.
Pourquoi une telle ascension ? D'abord, un avantage de coût considérable : selon un rapport français cité par Challenge, l'écart de coûts de production entre l'Europe et la Chine atteint 30 à 40 % selon les secteurs. Ensuite, une capacité à innover et à lancer de nouveaux modèles beaucoup plus rapidement que les constructeurs occidentaux. Enfin, un soutien de l'État chinois qui permet à certaines marques de casser les prix. Résultat : des exportations qui devraient passer de 7,1 millions de véhicules en 2025 à près de 10 millions en 2026, selon le cabinet AlixPartners.
Les grandes puissances tentent de réagir. Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 100 % sur les voitures chinoises. L'Union européenne a trouvé un accord avec la Chine en juillet 2026 pour éviter une guerre commerciale, en fixant des prix plancher au lieu de taxes allant jusqu'à 35 %. Mais les constructeurs chinois ne restent pas les bras croisés : certains, comme BYD, construisent des usines en Europe pour contourner ces barrières. L'Allemagne, très exposée à cause de ses sous-traitants en Europe centrale, a perdu 240 000 emplois industriels en deux ans sous la pression des importations chinoises.
Au Maroc, l'arrivée de JAC Motors, via son importateur exclusif M-Automot, illustre cette tendance. Les détails de ces implantations et les réactions des acteurs locaux restent à suivre sur Challenge. Une chose est sûre : la recomposition du marché automobile ne fait que commencer, et le Maroc, avec sa position stratégique et son industrie naissante, est au cœur des enjeux.




