Mauvais vent pour le textile européen, mais le Maroc garde le cap. Alors que les achats de vêtements de l'Union européenne auprès de ses fournisseurs étrangers chutent fortement, le royaume limite les dégâts et gagne même du terrain sur ses concurrents.
Concrètement, de janvier à juin, les Européens ont acheté beaucoup moins de vêtements à l'étranger qu'un an plus tôt. Dans ce contexte difficile, les ventes marocaines ont reculé de 6,6 %, à 1,3 milliard d'euros. Mais ce recul est bien plus faible que celui de la plupart de ses rivaux : les expéditions chinoises ont chuté de 8,9 %, celles du Bangladesh de 16,4 %, et celles de la Turquie de 14,6 %.
Résultat, selon les données d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, le Maroc reste le huitième fournisseur de vêtements de l'UE, mais sa part de marché passe de 3 % à 3,1 %. Une progression qui peut sembler modeste, mais qui montre une certaine résistance face à une concurrence féroce.
Pourquoi cette relative bonne tenue ? D'abord, les vêtements marocains vendus en Europe ont vu leur prix moyen par kilogramme légèrement augmenter, passant de 32 à 32,2 euros. Ensuite, le royaume bénéficie de sa proximité géographique avec l'Europe et de ses accords commerciaux, qui lui offrent des délais de livraison plus courts que ses concurrents asiatiques.
Attention toutefois : le secteur n'est pas à l'abri. La confédération européenne du textile décrivait déjà au début de l'année une filière confrontée à de "nouveaux vents contraires", avec une production, des ventes et de l'emploi en repli. Pour le Maroc, l'enjeu est de taille, car le textile représente un pilier de son industrie et une source d'emplois importante.
Les exportations marocaines se répartissent entre les vêtements classiques (73 % du total) et les articles en maille et bonneterie (27 %), qui ont connu des baisses respectives de 5,9 % et 8,6 %. Les vêtements pour femmes — tailleurs, robes, jupes, pantalons — restent le principal produit exporté, avec près de 448 millions d'euros de ventes.




