Une artiste maroco-brésilienne bouscule les codes de la musique traditionnelle en s'appropriant un instrument longtemps réservé aux hommes.

Lala Tamar, musicienne et compositrice, publie son premier album, un projet né de plusieurs années de recherches sur les liens entre le Maroc et le Brésil. Mais ce qui retient l'attention, c'est son utilisation du guembri, un instrument emblématique de la tradition Gnawa, qui était historiquement réservé aux hommes.

Selon Aujourd'hui le Maroc, l'artiste a été encouragée par son maître, le Maâlem Sadik Laarch, à s'approprier cet instrument. Cette démarche n'est pas présentée comme une rupture avec la tradition, mais plutôt comme une façon d'ouvrir un espace d'expression inédit.

Le projet musical de Lala Tamar se situe au croisement des traditions Gnawa, amazighes, afro-brésiliennes et des musiques contemporaines. L'album révèle des liens invisibles entre le Maroc et le Brésil, à travers les rythmes, les chants et les rituels qui unissent ces deux univers depuis des siècles. Pour nourrir ce travail, la musicienne a rencontré des maîtres Gnawa au Maroc ainsi que des communautés de Candomblé et d'Umbanda au Brésil.

Le photographe et artiste contemporain Hassan Hajjaj a également participé à ce projet en réalisant une série de portraits inédits. Une collaboration où la musique et l'image se répondent, les deux artistes partageant une fascination pour les passerelles entre ces deux cultures.

Cette liberté artistique, qui refuse les catégories figées, devient la signature de ce premier album.