Que fait une entremini australienne au Maroc quand elle ne peut pas creuser ? Elle fait des démarches administratives. Mais son dernier rapport trimestriel montre des permis expirés et des données qui ne collent pas tout à fait.

Zeus Resources, une société minière basée en Australie, a transmis vendredi 31 juillet son rapport d'activités à la Bourse australienne (ASX), l'équivalent de notre Bourse de Casablanca. Le document couvre le trimestre qui s'est terminé le 30 juin 2026. Et il révèle une situation particulière : aucun travail d'exploration n'a été mené sur le terrain au Maroc pendant cette période.

Selon Barlamane, qui a rapporté cette information, la compagnie a plutôt consacré son temps à des démarches administratives pour tenter de préserver six permis de recherche. Le problème ? Ces six titres, détenus à 100 % par sa filiale Zeus Morocco et couvrant 79 km² dans le centre du Maroc, avaient une date d'expiration fixée au 13 mars 2026. Autrement dit, ils étaient déjà arrivés à échéance depuis plus de trois mois à la fin du trimestre.

L'entreprise assure que ces permis « restent en règle » pendant que les autorités marocaines examinent ses demandes de prorogation de quatre ans. Mais son propre tableau les classe encore comme « courants ». Et le rapport ne donne ni la date de dépôt des demandes, ni un calendrier pour la décision, ni même d'information sur les échanges avec l'administration marocaine.

Le rapport ne contient pas de nouvelles données de terrain. Il se contente de reprendre des résultats plus anciens, notamment ceux d'une tranchée appelée T1, qui a montré des teneurs moyennes de 22,69 % d'antimoine — un minéral utilisé dans les batteries ou les retardateurs de flamme. Mais un détail attire l'attention : le texte parle de 2 mètres de longueur pour cette moyenne, alors que le tableau mentionne trois échantillons d'un mètre chacun. La moyenne calculée sur la base de ces trois échantillons (21,37 %, 37,14 % et 9,47 %) donne environ 22,69 % sur trois mètres, pas sur deux. Le rapport n'explique pas cet écart.

Pourtant, la société précise que les largeurs sont « apparentes » et que l'épaisseur réelle demeure inconnue. Une prudence essentielle, mais qui n'empêche pas des interrogations sur la façon dont les résultats sont présentés. Le projet d'antimoine de Casablanca reste donc, pour l'instant, un dossier en attente — tant sur le terrain que dans sa communication.