Le Maroc produit sa richesse de manière très inégale sur son territoire. En 2024, trois régions seulement ont généré plus de la moitié du PIB national, un déséquilibre qui ne se résorbe pas.

Selon le rapport « Comptes régionaux 2024 » publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la création de richesse reste très concentrée. Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Hoceima représentent à elles seules 58,4 % du PIB du pays. Ces régions concentrent l'essentiel de l'activité industrielle, commerciale et des services, avec des infrastructures clés comme le port Tanger-Med.

Les écarts se creusent aussi dans la croissance. La moyenne nationale était de 4,4 % en 2024, mais certaines régions ont fait bien mieux, comme Laâyoune-Saguia Hamra avec +7,6 %, tandis que Fès-Meknès a plafonné à +1,6 %, freinée notamment par une chute de son secteur agricole.

À l'opposé, plusieurs régions contribuent très peu à la richesse nationale. Drâa-Tafilalet et les trois régions du sud (Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Saguia Hamra, Dakhla-Oued Dahab) ne pèsent que 7,8 % du PIB total : 3 % pour Drâa-Tafilalet, 4,8 % pour les régions du sud.

Ce constat n'est pas nouveau. Il avait déjà été évoqué en octobre 2025 lors d'un discours Royal, selon l'article de Challenge. Mais le rapport du HCP montre que la situation persiste, et que les inégalités entre régions ne se réduisent pas, malgré les dynamiques locales différentes.